Mon enfant a du mal à se concentrer : quand envisager un bilan neuropsychologique ?
- il y a 5 jours
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Votre enfant passe beaucoup de temps sur ses devoirs sans réussir à les terminer ? Il oublie régulièrement les consignes, perd ses affaires ou semble « décrocher » dès qu’une tâche lui demande un effort prolongé ? À l’école, on vous parle peut-être d’un manque de concentration, d’une certaine lenteur ou de difficultés à s’organiser.
Ces situations sont fréquentes et ne signifient pas nécessairement qu’un enfant présente un trouble de l’attention ou un TDAH. La fatigue, le stress, le sommeil, certaines difficultés scolaires ou émotionnelles peuvent eux aussi avoir un effet important sur la concentration.
En revanche, lorsque les difficultés s’installent, qu’elles apparaissent dans différents contextes ou qu’elles commencent à peser sur la scolarité, l’autonomie ou la confiance en soi, il peut être utile de chercher à comprendre ce qui se passe.
C’est précisément l’un des objectifs du bilan neuropsychologique chez l’enfant : mieux comprendre son fonctionnement cognitif, identifier les difficultés qu’il rencontre, mais aussi mettre en évidence les capacités sur lesquelles il peut s’appuyer.

Comment reconnaître des difficultés de concentration chez un enfant ?
Un enfant qui a des difficultés attentionnelles n’est pas forcément un enfant agité.
Certains bougent beaucoup, parlent fréquemment ou passent rapidement d’une activité à une autre.
D’autres sont au contraire très calmes. Ils peuvent donner l’impression d’être rêveurs, « dans la lune », ou de ne pas écouter alors qu’ils essaient réellement de suivre.
À la maison, les premiers signes apparaissent souvent au moment des devoirs. L’enfant commence un exercice puis s’interrompt, oublie ce qu’on vient de lui demander, a besoin que les consignes soient répétées ou met beaucoup plus de temps que prévu pour terminer une tâche qu’il semble pourtant avoir comprise.
Les parents remarquent parfois aussi qu’il perd souvent ses affaires, se laisse distraire par le moindre bruit, fait des erreurs d’inattention ou évite les activités qui lui demandent de rester concentré longtemps.
À l’école, la difficulté peut prendre une autre forme. L’enfant décroche pendant une explication, oublie une étape d’un exercice, ne termine pas de copier une consigne ou peine à organiser son travail. Certains enfants connaissent parfaitement leur leçon mais font des erreurs qu’ils ne commettent pas lorsqu’ils travaillent dans un environnement plus calme ou avec un adulte à côté d’eux.
Ces signes donnent des indications, mais aucun ne permet à lui seul de conclure à un trouble.
Mon enfant manque de concentration : est-ce forcément un TDAH ?
Non, et c’est un point important.
Le TDAH, ou trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, est un trouble du neurodéveloppement. Il peut associer des manifestations d’inattention, d’impulsivité et d’hyperactivité, avec une intensité très différente d’un enfant à l’autre.
Mais un manque de concentration peut avoir beaucoup d’autres explications.
Un enfant qui dort mal peut être irritable et nettement moins attentif le lendemain. Une période de stress ou d’anxiété peut également mobiliser une grande partie de ses ressources. Des difficultés familiales, une pression scolaire importante ou un problème émotionnel peuvent donner l’impression qu’un enfant « n’écoute plus ».
Certaines difficultés d’apprentissage peuvent aussi entrer en jeu. Un enfant qui comprend mal ce qu’il lit ou qui doit fournir énormément d’efforts pour écrire risque naturellement de décrocher plus rapidement. Il peut alors sembler inattentif alors que la difficulté se situe ailleurs.
La vision, l’audition, la charge de travail scolaire, l’utilisation importante des écrans ou encore un décalage entre le niveau de l’enfant et ce qui lui est demandé peuvent également influencer son attention.
C’est pourquoi il est préférable de ne pas partir immédiatement à la recherche d’une étiquette. La bonne question est plutôt : qu’est-ce qui explique les difficultés de cet enfant, dans cette situation précise ?
Quand faut-il s'inquiéter d'un manque de concentration ?
Tous les enfants peuvent être distraits. Ils peuvent manquer de concentration après une mauvaise nuit, lorsqu’une matière les intéresse peu ou pendant une période scolaire particulièrement chargée.
Ce qui doit davantage attirer l’attention, c’est la combinaison de plusieurs éléments : la durée des difficultés, leur fréquence et surtout leur impact dans la vie quotidienne.
Lorsque le problème dure depuis plusieurs mois, qu’il est observé aussi bien par les parents que par l’école et qu’il persiste malgré des consignes claires et un environnement relativement adapté, il devient pertinent de demander un avis professionnel.
Le retentissement est également essentiel.
Si les devoirs deviennent chaque soir une source de conflit, si l’enfant passe un temps considérable à travailler pour des résultats qui ne reflètent pas ses connaissances, s’il se décrit progressivement comme « nul », « lent » ou incapable de réussir, il ne s’agit plus simplement d’un enfant parfois distrait.
De la même façon, les remarques répétées de l’école, une fatigue importante après les journées de classe ou des difficultés croissantes à travailler seul peuvent justifier une évaluation.
L’objectif n’est pas de rechercher un trouble à tout prix, mais d’éviter qu’une difficulté réelle reste incomprise pendant plusieurs années.
À quoi sert un bilan neuropsychologique chez l'enfant ?
Un bilan neuropsychologique permet d’explorer différentes dimensions du fonctionnement cognitif de l’enfant.
Selon son âge, son parcours et les difficultés rapportées, le neuropsychologue peut s’intéresser à ses capacités intellectuelles, à l’attention, à la mémoire de travail, à la vitesse de traitement de l’information, à la mémoire ou encore aux fonctions exécutives.
Ces fonctions exécutives jouent un rôle très concret dans le quotidien : elles permettent par exemple de planifier une tâche, de s’organiser, de résister à une distraction, de changer de stratégie lorsqu’une première solution ne fonctionne pas ou de retenir plusieurs informations en même temps.
Mais le bilan ne se résume pas à une série de scores.
Pendant la passation, le neuropsychologue observe aussi la manière dont l’enfant aborde une difficulté. Se précipite-t-il ? A-t-il besoin que la consigne soit répétée ? Perd-il progressivement en efficacité lorsqu’un exercice dure ? Prend-il le temps de vérifier ses réponses ? Certaines tâches sont-elles beaucoup plus faciles pour lui que d’autres ?
C’est souvent cette analyse globale qui permet de comprendre pourquoi un enfant capable de réussir certaines activités se retrouve pourtant en difficulté à l’école ou dans ses devoirs.
Un bilan peut ainsi montrer qu’un enfant possède de bonnes capacités de raisonnement mais qu’il est particulièrement lent, qu’il peine à conserver plusieurs informations en mémoire, qu’il se laisse facilement distraire ou qu’il rencontre une difficulté plus spécifique dans certains apprentissages.
Il permet aussi d’identifier ses points forts. C’est essentiel, car les recommandations sont d’autant plus utiles qu’elles s’appuient sur les ressources de l’enfant plutôt que sur ses seules difficultés.
Bilan attentionnel ou bilan neuropsychologique complet : lequel choisir ?
Les parents hésitent souvent entre un bilan attentionnel et un bilan neuropsychologique complet.
La réponse dépend surtout de la question à laquelle on cherche à répondre.
Lorsque les difficultés paraissent très ciblées, par exemple une forte distractibilité, des problèmes d’organisation ou une difficulté à maintenir son attention, une exploration centrée sur les fonctions attentionnelles et exécutives peut parfois être pertinente.
À l’inverse, lorsque les difficultés scolaires sont plus larges, que le profil de l’enfant semble complexe ou que plusieurs hypothèses sont envisagées, un bilan plus complet peut permettre de mieux comprendre l’ensemble de son fonctionnement.
C’est également le cas lorsqu’il existe un décalage important entre ce que l’enfant semble capable de faire et ses résultats scolaires, ou lorsqu’un trouble des apprentissages est suspecté en parallèle.
Il n’est donc pas nécessaire pour les parents de savoir eux-mêmes quel test demander. Un échange préalable avec le professionnel permet justement de préciser la demande et de déterminer l’évaluation la plus adaptée.
Un bilan neuropsychologique permet-il de diagnostiquer un TDAH ?
C’est une question très fréquente, et la réponse mérite d’être précise.
Un bilan neuropsychologique peut apporter des informations importantes sur le fonctionnement attentionnel de l’enfant, sa mémoire de travail, son impulsivité ou ses fonctions exécutives. Il peut également aider à mieux comprendre certaines difficultés associées et à distinguer plusieurs hypothèses.
En revanche, un bilan neuropsychologique ne suffit pas, à lui seul, à poser ou à exclure un diagnostic de TDAH.
Dans ses recommandations consacrées au TDAH chez l’enfant et l’adolescent, la Haute Autorité de santé rappelle que le diagnostic repose sur une démarche clinique. Celle-ci comprend notamment des entretiens, un examen clinique et le recueil d’informations provenant des différents environnements dans lesquels évolue l’enfant.
Il n’existe pas de test unique, d’IRM ou de biomarqueur permettant de confirmer à lui seul un TDAH.
Lorsque cette hypothèse est envisagée, le bilan neuropsychologique peut donc faire partie de la démarche, mais il doit être replacé dans un ensemble plus large. Le diagnostic de TDAH est posé par un médecin formé à ce trouble.
Cette distinction est importante : l’objectif du bilan n’est pas de chercher à tout prix à confirmer un TDAH, mais de mieux comprendre le profil de l’enfant et les difficultés qu’il rencontre.
Comment se déroule un bilan neuropsychologique pour un enfant ?
Le bilan commence généralement par un entretien destiné à comprendre la situation de l’enfant.
Les parents peuvent revenir sur son développement, son parcours scolaire, les difficultés qu’ils observent aujourd’hui, son sommeil, son quotidien et les éventuels bilans ou suivis déjà réalisés. Les observations des enseignants peuvent également apporter des informations précieuses.
Vient ensuite le temps des tests.
L’enfant réalise différents exercices avec le neuropsychologue. Certains font appel au raisonnement ou à du matériel visuel, d’autres sollicitent davantage la mémoire, la concentration, la rapidité ou la capacité à organiser une réponse.
Il ne s’agit pas d’un contrôle scolaire. L’enfant n’a rien à réviser avant le rendez-vous et personne n’attend de lui qu’il réussisse toutes les épreuves.
Le professionnel analyse ensuite les résultats en les mettant en perspective avec ce qu’il a observé pendant la passation et avec les informations recueillies auparavant.
Une restitution permet enfin d’expliquer les conclusions aux parents et, lorsque cela est adapté, à l’enfant. Un compte rendu écrit reprend les résultats, leur interprétation et les recommandations proposées.
Quelles solutions peuvent être proposées après le bilan ?
L’intérêt d’un bilan ne réside pas uniquement dans le fait de mettre un nom sur
une difficulté.
Les résultats doivent surtout permettre de proposer des solutions utilisables dans la vie quotidienne.
Pour certains enfants, cela passera par une manière différente de présenter les consignes. Pour d’autres, il pourra être utile de fractionner davantage les tâches, de limiter les distractions, d’utiliser des outils visuels ou de prévoir des temps de pause.
À l’école, certaines recommandations peuvent concerner le temps accordé pour réaliser un exercice, le positionnement dans la classe, l’organisation du travail ou les supports utilisés.
Le bilan peut également conduire à conseiller l’avis d’un autre professionnel lorsque la situation le nécessite : médecin, orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute ou psychologue par exemple.
Il ne s’agit donc pas d’enfermer l’enfant dans un diagnostic. Au contraire, l’objectif est de comprendre plus finement ce qui lui coûte de l’énergie et ce qui peut être aménagé pour lui permettre de mieux mobiliser ses capacités.
Comment aider un enfant qui manque de concentration en attendant un bilan ?
Quelques changements simples peuvent déjà rendre les devoirs et le quotidien moins difficiles.
Plutôt que de donner plusieurs instructions en même temps, il est souvent plus efficace d’en formuler une seule, puis de demander à l’enfant de la reformuler avec ses propres mots.
Pour un travail long, mieux vaut également découper l’objectif en petites étapes. «
Fais tes devoirs » est une consigne très large ; « commence par les trois premières questions de l’exercice de maths » est beaucoup plus facile à organiser mentalement.
Un environnement calme aide aussi. Téléphone, télévision ou notifications peuvent être éloignés pendant les temps de travail, quitte à prévoir une vraie pause quelques minutes plus tard.
Des horaires relativement réguliers, en particulier pour le sommeil, sont également importants. Enfin, il peut être utile d’échanger avec l’enseignant : comparer ce qui se passe à la maison et en classe permet souvent de mieux comprendre la situation.
Ces ajustements ne remplacent évidemment pas une évaluation lorsqu’une difficulté importante persiste, mais ils peuvent déjà réduire une partie des tensions.
Faire réaliser un bilan neuropsychologique à son enfant à Paris
Nevaya accompagne à Paris des enfants et des adolescents pour lesquels les parents ou l’école s’interrogent sur le fonctionnement cognitif ou les apprentissages.
Il peut s’agir de difficultés persistantes de concentration, d’une lenteur importante dans le travail scolaire, d’oublis fréquents, de problèmes d’organisation, d’une suspicion de TDAH ou de trouble des apprentissages, mais aussi d’un décalage entre les capacités perçues de l’enfant et ses résultats.
Nos neuropsychologues réalisent différents types d’évaluations en fonction de la situation et de l’âge de l’enfant.
Lorsque les parents ne savent pas précisément quel bilan demander, ce n’est pas un problème : un premier échange permet de comprendre la demande et de déterminer quelle évaluation paraît la plus pertinente.
Vous pouvez prendre directement rendez-vous avec l’une de nos neuropsychologues sur Doctolib.
Si vous avez un doute sur le type de bilan adapté à votre enfant ou souhaitez nous transmettre quelques éléments avant de réserver, vous pouvez également écrire à cabinet@nevaya.fr.
Questions fréquentes sur les difficultés de concentration chez l'enfant
Un enfant calme peut-il avoir des difficultés d'attention ?
Oui. Les difficultés attentionnelles ne s’accompagnent pas nécessairement d’hyperactivité. Certains enfants restent assis et ne perturbent pas la classe, mais perdent régulièrement le fil d’une explication, rêvassent ou ont beaucoup de mal à maintenir leur concentration.
Difficultés de concentration et TDAH, est-ce la même chose ?
Non. Le TDAH est l’une des causes possibles de difficultés attentionnelles, mais de nombreux autres facteurs peuvent affecter la concentration : sommeil, anxiété, stress, difficultés d’apprentissage, problèmes sensoriels ou contexte scolaire notamment.
Faut-il attendre que l'école demande un bilan ?
Pas nécessairement. L’avis de l’école est précieux, mais les parents peuvent eux aussi demander un avis lorsqu’ils constatent des difficultés persistantes. L’intérêt de l’évaluation dépend surtout de la durée des difficultés et de leur impact sur le quotidien de l’enfant.
Le bilan sert-il uniquement à rechercher un TDAH ?
Non. Le bilan neuropsychologique permet plus largement d’explorer le fonctionnement cognitif de l’enfant. Il peut être pertinent face à des difficultés d’attention, de mémoire, d’organisation ou d’apprentissage, une lenteur importante ou un profil scolaire difficile à comprendre.
À retenir
Un enfant qui manque parfois de concentration n’a pas nécessairement un trouble de l’attention.
En revanche, lorsque les difficultés persistent dans le temps, qu’elles ont des conséquences sur l’école, les devoirs, l’autonomie ou la confiance en soi, il peut devenir utile de chercher à en comprendre l’origine.
Le bilan neuropsychologique permet alors de dépasser la simple question « est-ce un TDAH ? » pour répondre à une question souvent plus utile : comment cet enfant fonctionne-t-il, qu’est-ce qui le met en difficulté et sur quelles ressources peut-on s’appuyer pour l’aider ?
Source médicale principale : Haute Autorité de santé, « Trouble du neurodéveloppement/TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents », recommandations validées en juillet 2024.


